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Le spectre de 2022 va planer sur les banques centrales cette semaine
information fournie par Zonebourse 16/03/2026 à 09:18

Les sièges respectifs de la Fed et de la BCE. (Crédits: Federal Reserve  / BCE)

Les sièges respectifs de la Fed et de la BCE. (Crédits: Federal Reserve / BCE)

Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse lundi à l'entame d'une semaine qui sera marquée par le retour de la politique monétaire sur le devant de la scène, avec la tenue des réunions des quatre plus grandes banques centrales de la planète.

D'après les contrats à terme, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,2% à l'ouverture, le DAX à Francfort prendrait 0,3% et l'Euro STOXX 50 est attendu sur des gains de l'ordre de 0,5%.

De Washington à Tokyo en passant par Londres et Francfort, les banques centrales vont jouer les premiers rôles cette semaine, obligeant les décideurs en matière de politique monétaire à révéler leurs plans en vue de contrer l'envolée des prix de l'énergie, le retour des pressions déflationnistes et la volatilité des marchés financiers.

La Réserve fédérale tiendra sa réunion stratégique mardi et mercredi, tandis que celles de la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre (BoE) suivront jeudi. Les annonces de la Banque du Japon (BoJ) sont également attendues jeudi.

Les banques centrales prises au dépourvu par l'envolée de l'énergie

Force est de constater que les turbulences des dernières semaines ont placé les banquiers centraux du monde entier devant une réalité préoccupante: la remontée des anticipations d'inflation pourrait conduire les instituts d'émission à retirer leur soutien à l'économie, voire à relever leurs taux, au risque de pénaliser une croissance elle aussi menacée par la flambée du pétrole.

"L'incertitude extrême ne rend pas la tâche facile aux banques centrales", reconnaissent les équipes de LBP AM. "Nous pensons qu'elles vont rester en position d'attente tout en indiquant qu'elles sont prêtes à agir si nécessaire", prévient La Banque Postale.

Pour la sixième fois consécutive depuis sa dernière baisse de taux qui remonte à juin 2025, la BCE devrait ainsi maintenir ses taux inchangés jeudi, tout en conservant un ton ferme sur l'inflation et en affirmant sa volonté d'empêcher que le choc énergétique ne se traduise par des tensions persistantes sur les prix.

La Fed navigue elle aussi à vue dans le brouillard de la guerre en Iran.

Sur le marché pétrolier, les cours évoluent toujours à des plus hauts depuis juillet 2022 après les frappes menées ce week-end par les Etats-Unis contre l'île iranienne de Kharg, par laquelle l'Iran exporte 90% de son pétrole.

Ce matin, le baril de Brent progresse encore de 1,9% à 104,9 dollars et le WTI américain avance de 99,4 dollars, des niveaux supérieurs ou proches du "seuil de douleur" identifié autour de 100 dollars le baril.

Dans ce contexte délicat, certains analystes commencent à redouter une éventuelle erreur de pilotage de la part des grandes banques centrales.

"Les banques centrales doivent garder leur calme", souligne LBP AM.

"Cela dit, nous pensons toujours que la pression politique aux États-Unis (via l'opinion publique et les prix de l'essence) et la pression économique et géopolitique sur l'Iran (via la Chine) devraient favoriser une désescalade des tensions et la normalisation du marché du pétrole d'ici quelques semaines", expliquent les gérants de la banque française.

"Si c'est le cas, le scénario macro devrait rester plutôt positif pour les marchés à horizon 3-6 mois", promettent-ils.

Dans l'immédiat, le souvenir des déconvenues de 2022, post-guerre en Ukraine, a conduit les acteurs de marché à s'interroger sur la possibilité d'un conflit qui pourrait s'étaler dans la durée et à totalement effacer le "rally" signé en début d'année.

L'Europe n'est plus "the place to be"

Conséquence directe ce retour de l'aversion pour le risque, l'Euro STOXX 50 accuse désormais un repli de 1,4% depuis le début de l'année et est de retour à ses niveaux de la mi-décembre 2025.

A Wall Street, la performance du S&P 500 est un peu plus marquée avec un repli annuel qui atteint pour l'instant 3,1%.

Après des années de soutien massif des banques centrales aux marchés boursiers, un changement de cap imposé par la crise pourrait plonger les indices dans une instabilité durable, les plaçant désormais à la croisée des chemins.

Encore une fois, la dimension prise par la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui en a résulté ont laissé des traces dans l'esprit des investisseurs.

"Le conflit au Moyen-Orient a bousculé les valorisations en forçant une réévaluation des actions", rappellent les analystes de Deutsche Bank.

"Le marché intègre désormais un risque de choc énergétique et une hausse des primes de risque", ajoute la banque germanique.

"Si l'on se fie au scénario russo-ukrainien, les valeurs refuges et les actifs tangibles comme l'énergie ou la défense vont continuer de surperformer tant que la géopolitique restera sous haute tension", prévient DB.

Les scores actuels rappellent d'ailleurs, en filigrane la trajectoire, des marchés lors de l'hiver 2022. Depuis que la guerre en Iran a débuté, il y a plus de deux semaines maintenant, l'Euro STOXX 50 a perdu près de 7% et le S&P 500 autour de 4,5%.

Au cours des deux premières semaines ayant suivi le début de la guerre en Ukraine en 2022, l'Euro STOXX 50 avait cédé plus de 7% et le S&P avait gagné environ 1,7%.

Pour mémoire, le bilan annuel n'avait guère été glorieux sur cet exercice boursier, qui avait été principalement marqué par la nécessité d'un resserrement monétaire "express" de la part de la Fed et de la BCE afin de juguler les tensions inflationnistes. L'Euro STOXX avait perdu 11,7% sur l'ensemble de l'année 2022, tandis que le S&P lâchait 19,5%.

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